Analyses

POPI : les PME transformées en cafés

POPI : les PME transformées en cafés

La nouvelle loi sur la protection des informations personnelles est un excellent texte législatif du point de vue du consommateur ; et puisque nous sommes tous des consommateurs, il est facile de passer à côté des grandes répercussions pour les petites entreprises.

POPI : les PME transformées en cafés

Le problème tient au fait que les lois de haut niveau sont conçues pour être respectées par les grandes organisations, dont la réponse habituelle est d'imposer leurs exigences de conformité directement à leurs fournisseurs, qui sont généralement de petites entreprises. Ainsi, quelle que soit l'intention du législateur à l'égard des PME, celle-ci est perdue dans l'application de la loi par les grandes entreprises ; en particulier lorsque la législation ne précise pas comment les règles doivent être appliquées.

Pour simplifier à l'extrême, c'est comme si le législateur avait décidé que les entreprises devaient servir du café à leurs clients. Les grandes organisations, ne sachant pas exactement quels paramètres respecter pour se conformer à la loi, ont mis les petits plats dans les grands, sans lésiner sur les dépenses — machines à café haut de gamme, grains importés, eau de source en bouteille, lait entier et sucre en morceaux bruns, servis à table avec tout le soin requis.

C'est là que les choses se compliquent. Il existe un seul point dans la section sécurité de la loi qui stipule que la partie responsable (la grande entreprise) doit s'assurer que l'opérateur (le fournisseur) maintient les règles de sécurité établies par la partie responsable ; ce qui équivaut à dire que le fournisseur doit lui aussi préparer le café pour le client.

Comme la législation n'a pas clairement défini la manière dont ce café doit être préparé, les grandes entreprises s'adressent à leurs fournisseurs pour leur dire qu'ils ne peuvent pas simplement servir à leurs clients du café instantané, du lait écrémé et du sucre en grains ; ils doivent fournir exactement le même café, de la même façon que la grande entreprise. Et s'ils refusent de signer les contrats en ce sens, ils seront retirés de la liste des fournisseurs.

Les petites entreprises ne peuvent pas nécessairement se permettre d'investir au même niveau que les grandes dans des machines à café coûteuses, du café importé et de l'eau en bouteille, mais elles ne peuvent pas non plus se permettre de perdre les grandes entreprises clientes. Et si les multiples entreprises qui font appel à la petite entreprise comme fournisseur ont toutes des façons différentes de préparer différentes marques de café, la petite entreprise se transformerait essentiellement en café.

Quelle est donc la solution ? Il faut clarifier ce qu'implique exactement la conformité, avec des lignes directrices claires tenant compte de tous les niveaux d'entreprises touchés par cette loi. Il faut également établir des règles précises quant à ce que l'on peut attendre des opérateurs. D'ici là, les grandes entreprises pourront influencer le développement des PME en forçant leurs fournisseurs à se conformer à ce qu'elles jugent raisonnable.

*Tel que publié dans le magazine Accountancy South Africa en novembre 2014

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